Midi de l'Art : Sacha Cambier de Montravel & Camille Corréas - Intimités (Liste d'attente)

2024-02-23 11:30:00 2024-02-23 11:30:00 Midi de l'Art : Sacha Cambier de Montravel & Camille Corréas - Intimités (Liste d'attente) Reuter Bausch Art Gallery - 14, rue Notre-Dame Luxembourg Exposition du 23.02.2024 au 23.03.2024 Commissaire : Pierre El Khoury Accueil par Julie Reuter, galeriste, ensuite visite guidée en français en présence des artistes. Il n’est pas nécessaire de connaître le nom des fleurs pour se sentir appelé par un paysage. La vue d’une fleur d’une couleur particulière, le velouté blanc d’un narcisse, l’odeur d’un arbre et par exemple des aiguilles d’un pin ont quelque chose de sensuel et appellent une intimité qui pourrait fort bien se passer de mots. Être toutefois capable de distinguer les espèces, de savoir laquelle il est possible de porter à la bouche sans s’intoxiquer donne le sentiment d’une familiarité supplémentaire. De nombreux mythes, valant parfois avertissements ou invitations, façonnent la perception de ce qui nous environne. Ovide avec ses Métamorphoses en donne de nombreux exemples en compilant les récits gréco-latins et en racontant par exemple l’histoire de Narcisse transformée en fleur ou de Daphné en laurier. Sacha Cambier de Montravel trouve dans cette matière antique, différents arguments pour sa dernière série de peinture sur bois. On y retrouve en prêtant attention aux détails au serpent entre les feuillages, à la présence d’une hirondelle dans le ciel ou à un arbre sculpté des références à Orphée et Eurydice, à Philémon et Baucis ou encore Pygmalion et Galatée. Ces sujets passés par le tamis des siècles, par des relectures chrétiennes sont ici transposés dans des versions où tous les personnages sont masculins. En se référant par exemple à la manière de peindre d’un Brueghel, qu’il cite dans le triptyque Icare, il utilise le paysage autant pour cacher que pour montrer. Ses cadrages obligent à circuler dans le tableau de manière non conventionnelle, à se perdre presque, pour atteindre le sujet. Le cadre des calanques, à la fois lieu de rencontres furtives et de communion avec le soleil permet d’évoquer un lieu intime et ouvert. L’usage, presque religieux, de la feuille d’or de son côté augure de nouvelles noces entre l’humain et le non humain.  Dans son ouvrage, Arbres filles et garçons fleurs, Françoise Frontisi Ducroux s’interroge sur la façon dont les métamorphoses végétales des mythes grecs sont genrées et poursuit sa réflexion sur la manière dont la langue française, par rapport à d’autres, distingue le féminin et le masculin. La fleur, note-t-elle ainsi, s’écrit en français au féminin, quand en italien elle est masculine. Ces observations linguistiques et culturelles, ce travail autour de la définition même de nature nourrissent le travail de Camille Corréas qui a recours aux outils de l’éco-féminisme et de l’écriture de science fiction pour développer ses installations et sculptures aux formes et aux fonctionnements organiques. Les digéreuses, en chauffant, libèrent ainsi des odeurs plus ou moins corporelles, plus ou moins agréables. Les céramiques de l’artiste sont à transformation, elles peuvent être activées par le toucher, l’olfaction, une performance et cette manière d’animer une matière souvent considérée comme inerte nous pousse à étendre le regard. L’expérience sensuelle et sensorielle que propose l’artiste avec les fleurs et plantes carnivores, coquillages et mollusques mutants de son univers est celle d’une autre liquidité, d’une nouvelle mythologie. On pourrait penser à Vénus sortie des eaux, mais c’est aux habitantes de Vénus qui s’organisent dans un monde post-apocalyptique vues par l’écrivaine Pamela Sargent qu’il faudrait plutôt se référer. Tous les invertébrés, auxquels Camille Corréas donne formes, jouent de l’attirance et de la répulsion, par leurs couleurs, leurs propriétés haptiques. Si elles ont des titres, elles n’ont pas toutes de noms bien définis et avec leurs plis et replis elles se montrent mais ne se donnent pas entièrement. Elles nous sont familières mais gardent quelque chose de leurs intimités qu’elles exhibent.   Credit : Sacha Cambier de Montravel Lire plus Bärbel Aubert accueillera les Amis des Musées pour ce Midi de l'Art. TRES IMPORTANT : Nous vous rappelons que vous ne pouvez participer à une visite guidée qu’à condition d’être membre des Amis des Musées et d’avoir reçu une confirmation écrite de votre inscription à la visite. Cette confirmation vous parviendra 2 à 3 jours avant la visite.    Luxembourg Les amis des musées d'art et d'histoire Luxembourg info@amisdesmusees.lu Europe/Luxembourg public

Reuter Bausch Art Gallery - 14, rue Notre-Dame Luxembourg

Exposition du 23.02.2024 au 23.03.2024

Commissaire : Pierre El Khoury

Accueil par Julie Reuter, galeriste, ensuite visite guidée en français en présence des artistes.

Il n’est pas nécessaire de connaître le nom des fleurs pour se sentir appelé par un paysage. La vue d’une fleur d’une couleur particulière, le velouté blanc d’un narcisse, l’odeur d’un arbre et par exemple des aiguilles d’un pin ont quelque chose de sensuel et appellent une intimité qui pourrait fort bien se passer de mots. Être toutefois capable de distinguer les espèces, de savoir laquelle il est possible de porter à la bouche sans s’intoxiquer donne le sentiment d’une familiarité supplémentaire. De nombreux mythes, valant parfois avertissements ou invitations, façonnent la perception de ce qui nous environne. Ovide avec ses Métamorphoses en donne de nombreux exemples en compilant les récits gréco-latins et en racontant par exemple l’histoire de Narcisse transformée en fleur ou de Daphné en laurier. Sacha Cambier de Montravel trouve dans cette matière antique, différents arguments pour sa dernière série de peinture sur bois. On y retrouve en prêtant attention aux détails au serpent entre les feuillages, à la présence d’une hirondelle dans le ciel ou à un arbre sculpté des références à Orphée et Eurydice, à Philémon et Baucis ou encore Pygmalion et Galatée. Ces sujets passés par le tamis des siècles, par des relectures chrétiennes sont ici transposés dans des versions où tous les personnages sont masculins. En se référant par exemple à la manière de peindre d’un Brueghel, qu’il cite dans le triptyque Icare, il utilise le paysage autant pour cacher que pour montrer. Ses cadrages obligent à circuler dans le tableau de manière non conventionnelle, à se perdre presque, pour atteindre le sujet. Le cadre des calanques, à la fois lieu de rencontres furtives et de communion avec le soleil permet d’évoquer un lieu intime et ouvert. L’usage, presque religieux, de la feuille d’or de son côté augure de nouvelles noces entre l’humain et le non humain. 

Dans son ouvrage, Arbres filles et garçons fleurs, Françoise Frontisi Ducroux s’interroge sur la façon dont les métamorphoses végétales des mythes grecs sont genrées et poursuit sa réflexion sur la manière dont la langue française, par rapport à d’autres, distingue le féminin et le masculin. La fleur, note-t-elle ainsi, s’écrit en français au féminin, quand en italien elle est masculine. Ces observations linguistiques et culturelles, ce travail autour de la définition même de nature nourrissent le travail de Camille Corréas qui a recours aux outils de l’éco-féminisme et de l’écriture de science fiction pour développer ses installations et sculptures aux formes et aux fonctionnements organiques. Les digéreuses, en chauffant, libèrent ainsi des odeurs plus ou moins corporelles, plus ou moins agréables. Les céramiques de l’artiste sont à transformation, elles peuvent être activées par le toucher, l’olfaction, une performance et cette manière d’animer une matière souvent considérée comme inerte nous pousse à étendre le regard. L’expérience sensuelle et sensorielle que propose l’artiste avec les fleurs et plantes carnivores, coquillages et mollusques mutants de son univers est celle d’une autre liquidité, d’une nouvelle mythologie. On pourrait penser à Vénus sortie des eaux, mais c’est aux habitantes de Vénus qui s’organisent dans un monde post-apocalyptique vues par l’écrivaine Pamela Sargent qu’il faudrait plutôt se référer. Tous les invertébrés, auxquels Camille Corréas donne formes, jouent de l’attirance et de la répulsion, par leurs couleurs, leurs propriétés haptiques. Si elles ont des titres, elles n’ont pas toutes de noms bien définis et avec leurs plis et replis elles se montrent mais ne se donnent pas entièrement. Elles nous sont familières mais gardent quelque chose de leurs intimités qu’elles exhibent.  

Credit : Sacha Cambier de Montravel

Lire plus

Bärbel Aubert accueillera les Amis des Musées pour ce Midi de l'Art.

TRES IMPORTANT : Nous vous rappelons que vous ne pouvez participer à une visite guidée qu’à condition d’être membre des Amis des Musées et d’avoir reçu une confirmation écrite de votre inscription à la visite. Cette confirmation vous parviendra 2 à 3 jours avant la visite. 

 

Exposition
Oui
A l'affiche
Non