Midi de l'Art : DUO - Bruno Desplanques et Bob Van der Auwera à la galerie MOB-ART studio

Vendredi, 9 mars, 2018 - 12:30

Galerie MOB-ART studio (Galerie Beaumont, 56, Grand-Rue, Luxembourg) - Visite guidée par les artistes

Bruno Desplanques - « Comme un bruit de nature est le titre générique de mon travail pictural depuis une dizaine d’années. »

« Mes tableaux résultent de la superposition de touches de couleur appliquées à l’aide d’une truelle de maçon sur différents supports en vue de restituer la perception sensible des éléments naturels et de faire émerger des espaces perspectifs s’apparentant à des paysages sylvestres imaginaires .» (…)

« Si on y retrouve la sensation des mouvements de l’eau, de l’air et de la lumière, des énergies créatrices qui nous animent et dont nous dépendons, il s’agit surtout de faire dialoguer le sujet et le médium : la nature et la peinture.

Il est question davantage de paysage de peinture que de peinture de paysage.

Comme à l’orée d’un bois ou d’une forêt profonde, un pied déjà dedans, le spectateur est invité à pénétrer dans la peinture avec le désir et la crainte mêlée de s’y perdre pour mieux s’y retrouver à moins que ce ne soit l’inverse. » (…)

Entre démultiplication et fragmentation modulaire (carré 30/30), « ma peinture ne serait-elle pas un ensemble de parcelles de nature cherchant, au fil du temps, à se compléter et à se prolonger telle une cartographie à l’échelle 1 imaginée par Lewis Carroll ou par Jorge Luis Borges, pour saisir le réel et révéler son infinitude ? »

Bob Van der Auwera aime la ligne quand elle traverse, droite, le blanc du papier. En tant que sculpteur, le blanc devient le vide. Il est ce trou que Henri Moore découvre un jour en traversant la masse d’un de ses volumes. Ce fût dans les années 1930, pour l’artiste anglais, une révélation. Ainsi donc, toute sculpture vit autant des relations entre ses parties pleines qu’entre celles-ci et le vide qui, soit les entoure, soit les sépare. Mais Moore restera fidèle aux formes naturelles. Entre-temps, une autre forme d’art allait imposer cette relation avec le vide et la lumière : l’architecture moderne. Il y a des deux dans l’oeuvre de Van der Auwera. En établissant entre les lignes - tiges en méplat - et les plans, des relations dynamiques, c’est avant tout le vide entre qui s’anime. L’oblique y joue un rôle : comme dans les compositions picturales, elle induit un mouvement autant qu’une perspective.

Donc une profondeur, illusoire parfois, bien réelle à d’autres moments.

Ainsi naît à l’intérieur d’un cube - le plus souvent - une agitation maîtrisée, une musique qui entraîne l’œil au dedans de la pièce qui garde, généralement, la taille d’un objet…de curiosité.

Guy Gilsoul (membre de l’association internationale des critiques d’art (AICA) et de l‘association belge des critiques d’art (ABCA) ; chroniqueur artistique pour le Vif l’Express et pour le magazine Juliette & Victor).

Une collation sera gentiment offerte par la galerie.

Catherine de Jamblinne accueillera les Amis pour ce Midi de l’Art.